Trinidad, septembre 2019

L'étape de Kourou en Guyane française jusqu'à Trinidad représentait environ 650 milles nautiques, et nous avons savouré chaque mille. Les conditions étaient parfaites, nous avons arboré le parasailor jour et nuit. Nous bénéficiions de 2 nœuds de courant favorable, et c'est pour cela que cette route est surnommée « le tapis magique ». Quelle merveilleuse navigation !

Philippe a été l'équipier idéal pour cette traversée. Si parfait que Yuka et moi lui avons demandé s'il souhaitait se joindre à nous pour la traversée vers la Méditerranée au printemps prochain !

Notre nouveau équipier !
Photo 1 · Trinidad · 18 September 2019
Notre nouvel équipier !

Nous étions très inquiets à l'idée de devoir longer la côte vénézuélienne, car de nombreux rapports faisaient état de piraterie. Heureusement, nous naviguions de conserve avec Plan B : nous pensions que cela constituerait un moyen de dissuasion pour les pirates.

Au départ, nous envisagions de passer l'AIS en mode silencieux et de communiquer uniquement par téléphone satellitaire plutôt que par VHF. Mais après avoir effectué des recherches sur Noonsite, nous avons découvert que nous pouvions déposer un plan de route auprès des garde-côtes de Trinidad et de North Post Radio, et il nous a été conseillé de laisser l'AIS activé afin d'être visibles par les garde-côtes.

Nous avons vécu un moment de tension durant la troisième nuit, lorsque Yuka repéra sur le radar quelque chose se déplaçant rapidement dans notre direction — mais il s'avéra finalement que c'était simplement une grain…

Une fois franchie la pointe Galera à Trinidad et alors que nous longions la côte nord de l'île par une nuit sans lune, quelque chose d'unique se produisit : j'entendis soudain un énorme éclaboussement sur tribord qui me fit sursauter. Puis un autre, et encore un autre. Je descendis dans le carré, pris ma lampe torche et commençai à éclairer la mer noire tout autour : c'était un ballet de dauphins ! Ils bondissaient haut hors de l'eau pour retomber à plat, provoquant ce grand fracas ! Le spectacle dura un bon moment, et Yuka et moi nous mîmes à en profiter avec délice ! Quel comportement insolite ! Pour la première fois de notre vie, nous voyions des dauphins de nuit — et faisant des choses pareilles.

Chaguaramas est un paradis pour tous les travaux sur les bateaux. Après sept mois passés au Brésil, où l'infrastructure nautique est quasi inexistante et où sur 2 000 milles de côtes nous n'avions pu trouver aucun chantier naval disposant d'une grue capable de sortir un petit catamaran, la baie de Chaguaramas offre 3 chantiers côte à côte et une douzaine d'entreprises prêtes à réaliser pratiquement n'importe quel travail. Après les avoir tous visités, nous avons choisi de faire sortir Oroboro pour un carénage chez Power Boats. La direction s'est montrée très accueillante et compétente, et la liste des prestataires et fournisseurs était excellente. Nous avons également trouvé un voilier Ullman Sails à proximité, qui a pris en charge nos voiles.

Voici une vidéo de notre sortie de l'eau. À la place d'une grue, ils ont utilisé un impressionnant chariot sur mesure. J'étais un peu anxieux au début, mais tout s'est très bien passé.

Comme antifouling, nous avons choisi d'utiliser l'International Interspeed 6400NA, une peinture antisalissure à polymère à dépolissage contrôlé (CDP), autopolissante et sans TBT. Bien plus respectueuse de l'environnement que ce qui est malheureusement largement utilisé dans les Caraïbes (Islander 44, totalement illégal aux États-Unis, un produit vraiment dangereux).

J'ai également eu l'occasion de faire la vidange de l'huile du sail drive en la drainant par le bas du sail drive. Malheureusement, les ingénieurs japonais qui ont conçu le sail drive SD25 n'étaient pas des spécialistes en mécanique appliquée et n'ont pas prévu de moyen pour aspirer l'intégralité des 2 litres d'huile depuis la salle des machines. Si l'on introduit un fin tuyau de pompe à huile dans le canal de la jauge, on ne peut aspirer qu'environ 900 ml sur les 2 litres. Ma solution de contournement a donc consisté à aspirer 900 ml, ajouter de l'huile neuve, faire tourner le moteur pour la mélanger à l'ancienne, et répéter l'opération trois fois. On utilise ainsi 3 litres au lieu de 2, mais sortir le bateau de l'eau uniquement pour une vidange est non seulement peu économique, mais parfois tout simplement impossible.

Vidange de l'huile du sail drive
Photo 2 · Trinidad · 10 October 2019
Vidange de l'huile du sail drive

Remettre Oroboro à l'eau a été un jeu d'enfant :

 

Nous sommes maintenant libres de commencer notre saison dans les Caraïbes !!!

S/V Oroboro trace GPS de navigation — Trinidad, décembre 2019
Photo 3 · Trinidad · September 2019
S/V Oroboro GPS track — Trinidad — December 2019 • GPS data from Raymarine chartplotter • Map © OpenStreetMap contributors

Tous les mouillages — Trinidad, déc. 2019

Notre base pour la sortie de l'eau et l'entretien du bateau avant le début de notre saison caribéenne.

Escale Date Notes
Chaguaramas Déc. 2019 Chantier naval Power Boats · sortie de l'eau · carénage

Cartes des mouillages

Carte détaillée de notre escale à Trinidad, avec superposition de la trace GPS.

Carte du mouillage de Chaguaramas
Photo 4 · Trinidad · September 2019
Chaguaramas

Données cartographiques © OpenStreetMap contributors. Traces GPS issues du traceur Raymarine, archivées en décembre 2019.